danse floue

Nous, résidents de la République


L’université s’associe cette année avec le groupe Émile Dubois, compagnie de Jean-Claude Gallotta, autour de la création de Nous, résidents de la République. Ce projet de création participative réunira plus d’une soixantaine de participants issus de la communauté universitaire dont vous pourrez faire partie. Il se décomposera en vingt-quatre séquences de danse, théâtre et récits, travaillées tout au long de l’année. Elles seront accompagnées musicalement par le Student Groove Orchestra du CROUS de Grenoble. Que vous soyez étudiants, personnels administratifs, enseignants ou enseignants-chercheurs, venez participer à cette aventure que ce soit par la danse, le théâtre ou même la radio ! Des ateliers hebdomadaires autour de ces disciplines seront mis en place à l’EST dès le mois d’octobre. Ils seront ponctués de temps de résidences et de rencontres qui permettront de nourrir collectivement ce projet aux multiples facettes qui se déploiera lors de deux représentations en mars et avril 2020.

« Nous, résidents de la République, comme ce titre l'indique, rassemblera. Pendant quelques mois, il s'agira en effet de combattre l'éclatement de nos vies, le dispersement de nos chemins, la barrière des âges et des générations, les communautarismes qui nous guettent. »  Claude Henri Buffard

3 questions à Jean-Claude Gallotta

Comment avez-vous imaginé « Nous, résidents de la République » ?

Nous avons fait un premier travail à EST avec le metteur en scène Moïse Touré il y a deux ans. Des ateliers, des présentations scéniques.
Le Président de l'Université, Patrick Levy, et les équipes de la Direction de la culture et de la culture scientifique ont pensé que nous pourrions aller plus loin et proposer quelque chose de plus vaste. Nous avons donc imaginé un projet qui englobe les étudiants, les personnels, les enseignants-chercheurs, tous les « résidents » du Campus, et de ce fait des personnes de tous âges, un peu à la manière de ce que nous avions fait dans nos « Chroniques chorégraphiques » ou de ce que nous venons de faire avec « Rêves de Bourges ». Nous avons baptisé ce projet Nous, résidents de la République en hommage à Alain Bashung disparu il y a dix ans et parce qu'il nous apparaît que ce type de travail excède le champ artistique lui-même, il est aussi un rendez-vous artistique et citoyen.

Qu'est-ce qui vous séduit dans cette idée d'un projet participatif et pluridisciplinaire ?

Au-delà de nos spectacles produits et montrés dans des conditions habituelles, nous avons toujours cherché à faire sortir l'acte artistique de son territoire, d'en ouvrir d'autres, d'inventer d'autres formes, avec d'autres publics, d'autres participants et d'autres disciplines. La danse permet cela. C'est un art labile, enclin à se nourrir de tout, de texte, de musique, de gestuelles venues d'ailleurs. La danse n'a pas de limites, elle peut être onirique, politique, abstraite, combattante. Un projet participatif et pluridisciplinaire comme celui-là permet à la danse d'explorer toutes ses potentialités. À partir de tous les corps, de toutes les propositions, de toutes les disciplines, elle a cette faculté de pouvoir construire un objet artistique cohérent et harmonieux.

Pourquoi ce projet vous tient-il à cœur ?

Peut-être d'abord parce que je suis d'ici, de Grenoble, que le contact avec les forces vives de ce territoire m'importe. Travailler sur ce projet avec le campus de l'Université Grenoble-Alpes à une double vertu : c'est en effet travailler avec le local mais sans s'y enfermer, car ce local est nourri de gens souvent venus d'ailleurs, voire de loin, parfois pour quelques années seulement. Ils nous apportent ce qu'ils sont et la danse, comme d'ailleurs la cité elle-même, a terriblement besoin de cet entremêlement de souffles différents.